LA CHRONIQUE D'ANNE-MARIE

De la deuxième classe aux quatre étoiles

Chers amis,

J’espère que vous allez bien. Je profite de ce petit moment de repos dans mon horaire submergé de fin novembre pour vous écrire un peu, question de raconter mes dernières aventures.

J’ai donné récemment un concert à Paris avec le Concert des Planètes,  j’avais de la difficulté à croire que cette musique plairait au public mais ce fut le cas (même Patrice a trouvé ça bon). Les psaumes de la réforme française de la Renaissance : il faut dire que les voix sont belles, celles de mes collègues, et j’avoue que je m’en suis bien sortie. Ensuite, malheureusement, l’organiste a mis des pains.

Mettre des pains, faire un pain, ça veut dire se tromper. Je pourrais être très méchante et dire que ses doigts avaient l’épaisseur d’une baguette (d’où les pains en question) mais le stress a des effets pervers sur tout le monde. Donc on a eu droit à des accords pas très Renaissance… En plus, comme on s’adressait à des gens du culte protestant, ils (les organisateurs du concert, dont l’organiste à pains)  avaient eu l’idée de nous affubler de banderoles comme celle des miss, mais avec un palmier, symbole important il paraît. Le problème, c’est que le seul tissu à palmier qu’ils ont trouvé, c’est du tissu pour faire des nappes ou des divans, on avait donc le fameux palmier, mais aussi des bananes et des ananas… MAGNIFIQUE !!!!

En plus, j’étais la seule à arborer une banderole pas tout à fait finie, donc vraiment trop longue, ça pendouillait comme une queue. Heureusement que le concert était pas mal et que le ridicule ne tue pas.

Comme c’est un projet avec des amis, c’est un peu broche à foin en plus… je ne veux pas faire ma diva, mais c’est difficile de supporter les retards récurrents, les répétitions mal dirigées, le placotage entre chaque pièce. Ce matin, je répétais pour notre prochain concert avec eux et encore une fois, la répétition a commencé avec 25 minutes de retard.

J’arrête de me plaindre, mais je déteste qu’on me fasse perdre mon temps!

Et puis, ce week-end, c’était la course aux concerts. Comme il y a une loi de l’univers qui dit que tous les concerts doivent être à la même date… j’en avais deux de suite avec Pygmalion, un à Rouen, dans le nord et l’autre le lendemain, à Tarbes presqu’à la frontière de l’Espagne. Le concert à Rouen était à l’Opéra, c’est là qu’on voit que BACH, c’est vraiment écrit pour une église.

 

 

 

Le lendemain matin, départ à 7h30 pour 6 heures de train…

 

 

 

 

 

Heureusement, la bonne surprise à Tarbes nous attendait. Non, la ville est pas très jolie, mais l’hôtel était un « quatre étoiles ».

 

 

 

Décoré super moderne, j’avais une chambre plus grande que mon appartement au complet. Une baignoire immense et les murs de la salle de bain étant en verre, je pouvais regarder la télé de mon bain.

 

 

 

 

Le papier de toilette était orange fluo, le shampoing, aux huiles essentielles de genévrier et on n’entendait pas les portes claquer.

 

 

À chaque étage, il y avait un petit salon avec un divan bizarre du genre en forme de rose, ou fait en spaghetti de plastique lumineux ou encore en forme de grosse madame avec un ballon pour pouf. J’ai pris une photo… ça vaut la peine. Le grand luxe pour les 26 personnes de l’ensemble.

 

Tout s’est passé très vite, le concert (excellent!), le retour en avion (même sans mon passeport !), et enfin un peu de temps à la maison pour relaxer et préparer le disque qu’on commence à enregistrer samedi, la Messe en si mineur de Bach. Il faut être en forme, car c’est très exigeant. J’ai bien hâte de voir comment les Français organisent l’enregistrement d’un disque.

Je pense que je n’aurai probablement pas le temps de vous écrire d’ici décembre, car j’enchaîne avec Cendrillon à l’Opéra de Reims après le CD et puis, je partirai en Corse (avec mon passeport cette fois-ci) pour une semaine. Mais ils doivent avoir internet en Corse…donc peut-être…

Anne-Marie Beaudette
Versailles, 2011-11-17

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